J’ai toutes les semaines à me battre contre de vieux principes d’entraînement qui remontent à plus de 20 ou 30 ans. Pourtant, les sciences du sport ont tellement évolué, mais cette évolution est loin d’avoir touché tout le monde...
Probablement, la pire réaction, et sûrement la plus absurde, est celle de l’athlète qui veut monter dans le classement et qui pour y arriver décide d’augmenter son volume d’entraînement. Imaginez, il décide, de s’entraîner davantage alors que dans bien des cas il en fait déjà trop. Pourquoi se tourner vers cette solution quand dans la plupart des cas elle conduit à l’épuisement? Parce qu’à mon avis, on en connaît encore trop peu sur la physiologie.
D’ailleurs, de nombreux athlètes (qui s’entraînent de façon démesurée) que je teste en laboratoire obtiennent des résultats décevants. Le volume d’entraînement ne conduit pas nécessairement à une amélioration de la condition physique.
Pour ma part, je trouve bien plus efficace d’identifier la « zone de stimulation optimale » propre à chaque athlète. En fonction des objectifs poursuivis, il est possible de définir cette zone en analysant la cinétique de consommation d’oxygène grâce à un test de VO2max. Ainsi, nous pouvons définir les zones physiologiques propres à chaque athlète. En résumé, la zone aérobie (que l’on nomme aussi zone modérée) est celle où votre corps utilise principalement des lipides pour produire son énergie. Dans cette zone, vous pouvez fournir un effort de plusieurs heures. L’apparition du seuil anaérobie pour sa part indique une transition. C’est le moment où l’intensité de l’effort atteint un point où vous muscles ne peuvent plus utiliser suffisamment d’oxygène et se mettent à brûler du glucose. Le sous-produit de l’utilisation du glucose est l’acide lactique, qui est en lien avec la fatigue musculaire. Vous entrez alors dans votre zone anaérobie (zone intense). Dans cette zone, au fur et à mesure que l’intensité de l’effort augmente, vous produisez davantage d’acide lactique, mais votre corps est capable de « réusiner » l’acide lactique et de s’en servir comme source d’énergie. Dans cette zone, vous pouvez fournir un effort de relativement longue durée (ex.: jusqu’à 2 heures). Mais, il arrive par la suite un niveau d’intensité (zone sévère) que l’on nomme seuil de puissance critique (critical power). À ce niveau, la production d’acide lactique est tellement importante qu’une accumulation se produit. La résultante en sera inévitablement l’épuisement. Au début de votre seuil de puissance critique, vous pouvez estimer pouvoir fournir un effort pendant au plus 30 minutes. Plus l’intensité augmente et plus vous vous rapprochez de votre capacité aérobie maximale (VO2max) et plus vite vous atteindrez l’épuisement. Finalement, tout effort fourni au-delà de votre capacité aérobie maximale (zone extrême) ne durera que quelques secondes.
À mon avis, aucun plan d’entraînement n’est réellement optimal tant que l’athlète ne connaît pas sa cinétique de consommation d’oxygène. En l’analysant, nous pouvons définir ce qu’il doit améliorer en fonction de ses objectifs et définir un entraînement qui se situera dans sa « zone de stimulation optimale ». Les méthodes d’entraînement prônées ne sont que de la théorie tant que vous ne connaissez pas votre physiologie.
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